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Il n'en avait pas le droit
Mais d'ailleurs qui l'a
Il n'a rien demandé
Et j'ai rien proposé

Il n'en avait pas le droit
Mais on ne le dit pas
Et moi je me suis tu
Par dégoût de la vue

Il n'en avait pas le droit
Mais il ne savait pas
Je n'étais pas moi-même
Mais il l'a fait quand même

Et le chant des sirènes
Que j'aime et que j'appelle
Revient en moi plus fort
Qui me tire et me saigne

Ce chant des illusions
Qui me hante si profond
Qui terrasse ma haine
D'être le seul qui l'entend

Et ce chant qui m'a vu
Et ce chant qui me tue
Qui toujours ne s'éloigne
Qu'au milieu de la rue

Pour me laisser tout seul
Dans le froid sans cadeaux
Et me cassant la gueule
A recoller les morceaux

Ces chants ne sont pas de moi
Mais c'est moi qui les vis
De ne pas avoir le choix
Me peine et je péris

Il n'en avait pas le droit
Et j'ai tout pris sur moi
Il m'a pris quelque chose
Qui surcharge la dose

Il n'en avait pas le droit
Mais s'il n'y avait que ça
J'aurai peut être moins honte
De déposer ces comptes

Il n'en avait pas le droit
J'y repense parfois
Comme une différence
Qui a manqué de chance

Et le chant des sirènes
Qui siffle à mes oreilles
M'étouffe dans la nuit
Où je manque de sommeil

Ce chant si terrifiant
Qui me prend en dedans
Me serre dans les veines
Et qui glace mon sang

Et ce chant qui m'appelle
Et ce chant qui surveille
Le moindre de mes gestes
Qui me guette au réveil

Juste pour me rattraper
Au tout petit faux pas
Et pouvoir me doubler
Lorsque je n'y pense pas

Ces chants ne sont pas de moi
Mais c'est ce qui fait paraître
Quand mes yeux parlent tout bas
Au coin de la fenêtre


13 octobre 2004

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